LES ENNEMIS DE L'ECREVISSE A PATTES BLANCHES

Publié le par SEB apprend à faire des films

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Les ennemis de l'écrevisse à pattes blanches est un documentaire didactique sur les causes de la régression de l'écrevisse à pattes blanches. Qu'est-ce que ça a l'air chiant dit comme ça !

 

J'ai fait ce film dans le cadre de ma seule formation audiovisuelle, l'IFFCAM – Institut Francophone de Formation au Cinéma Animalier de Ménigoute – qui a durée un an.

Notre travail de fin d'année était la réalisation d'un film.

Nous devions trouver le thème tout seul. J'avoue avoir choisi de parler de l'écrevisse pour une raison qui m'a parfois mis dans l'embarras.

« Alors Sébastien, » me demanda-t-on de manière passionné, « expliquez-nous pourquoi vous avez décidé de parler des problèmes rencontrés par l'écrevisse ? Est-ce pour dénoncer l'énorme menace qui pèse sur les milieux aquatiques ? Est-ce pour participer à cette prise de conscience indispensable concernant la pollution, l'un des plus grands fléaux de notre temps ? »

« Euh... c'était juste que j'avais envie de filmer sous l'eau. »

Soyons d'accord, la défense de l'environnement est une chose importante, mais je confesse que l'idée de mettre une caméra dans un caisson, et de mettre ce caisson sous l'eau a été ma vraie source de motivation.

 

Avant le tournage, une question existentielle tarauda tous les étudiants sans exception : « tourne-t-on en 4/3, ou en 16/9 ? » Chacun trouva sa réponse, qui était pour tout le monde soit 4/3, soit 16/9. Pour tout le monde sauf pour moi qui décidai de faire un film en multiscope, c'est à dire avec des plans ayant un rapport hauteur sur largeur différent à chaque fois (voir A la recherche du meilleur cadre.)

 

Pendant la réalisation des films, les profs étaient derrière les élèves.

« Je te conseille de mettre une voix-off comme ci, de la musique comme ça, d'intervertir ces deux plans, de retirer cette scène, etc. »

N'étant pas d'accord avec les premiers conseils que l'on me donnait, je décidai de faire mon film dans mon coin. Fut-ce une démarche regrettable ?

 

Trucs de tournage.

Les berges avec le terrier d'écrevisse ont été reconstituées en aquarium. Pendant le tournage, pour crédibiliser le plan, une collègue faisait des vagues avec sa main.

Lorsque l'on voit l'écrevisse marcher au fond d'un ruisseau, elle est réellement au fond d'un ruisseau. Pour ne pas qu'elle s'enfuie, je lui avais fait un petit harnais et une laisse en fil de pêche ultra fin. Une collègue la tenait pendant que je filmais. Cette technique m'avait été donnée par Benoit Demarle qui l'avait utilisé pour un film sur les blattes.

 

Anecdote de tournage.

Le tout dernier plan n'était pas prévu. Pendant le tournage j'ai eu un moment d'égarement, et j'ai laissé le caisson et la caméra – qui tournait en continue car je ne pouvais pas l'arrêter de l'extérieur du caisson – se faire entrainer par le courant. Plus tard – après une course folle pour rattraper le matos ! - en regardant mes rushs, j'ai beaucoup aimé ce plan. En le voulant, je n'aurais jamais réussi à rendre le mouvement de la caméra aussi naturel !

Pour conclure.

En faisant son film dans son coin sans écouter l'avis de ses professeurs, on risque de partir sur une mauvaise voie, d'y rester, et de se faire trucider par le jury lors des soutenances.

Heureusement, ce n'est pas ce qui s'est passé pour moi. Il se trouve que les professeurs qui nous ont conseillés et ceux du jury n'avaient pas les mêmes goûts. Les professeurs qui nous ont conseillés nous incitaient à faire des films conventionnels, alors que ceux du jury désiraient de l'originalité.

Ainsi, la plupart des élèves, qui avaient donc fait des films conventionnels, se sont fait critiquer. Et moi, avec mon film aux séquences d'animation en légo, au débat dans une chaussure pourrie et à la voix-off chuchotée, je me suis fait féliciter. Bien sûr, un jury est par définition subjectif, et mon film n'était pas meilleur que les autres. Il était même techniquement nettement moins bon que certains. Et là où j'ai vraiment eu de la chance, c'est qu'en plus d'avoir fait des choix qui plaisaient à ce jury, j'ai bénéficié de l'avantage du rare !

Bref, je n'en ai fait qu'à ma tête, et j'en ai été récompensé. N'en faire qu'à sa tête, une voie à suivre pour faire des films ?

 

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ThomasGB 16/04/2011 00:16


" Euh... c'était juste que j'avais envie de filmer sous l'eau."

Par contre moi je trouve ca flippant la voix off chuchotée...


Yume 15/04/2011 22:05


Mais carrément. Les meilleurs réalisateurs / scénaristes (et ca s'étend au domaines de la musique, de la peinture, et du sculptage [haha]), enfin, les meilleurs artistes sont ceux qui ont fait les
choses les plus originales. Faire des trucs conventionnels, c'est très bien, ca rapporte de l'argent pour quelques centaines de millions d'entrées au ciné, mais ca reste pas.

J'ai adoré, merci :). Et le plan de la fin, Wouaw.